Témoignage de M André Durfort de Rezé (44)

Riverain de l’aéroport de Nantes Atlantique, membre de la commission consultative de l’environnement de l’aéroport de Nantes-Atlantique, particulièrement sensibilisé aux problèmes de la sécurité dans les transports.

Il faut déplacer cet aéroport à cause de certaines insuffisances qui ne pourront jamais être corrigées sur le site actuel. Nantes a déjà connu dans le passé plusieurs incidents: le Luxor-Air en 2003, l’OnurAir en 2009, le Split en 2014, et plus récemment 6 à 7 déroutements le 17 novembre en raison de la tempête.

Par mauvais temps les déroutements vers un autre aéroport sont récurrents et sont intégrés dans le mode d’exploitation actuel comme mesure de sauvegarde. Il ne faut plus attendre pour prendre les décisions qui s’imposent.

L’atterrissage est une phase délicate qui nécessite de disposer d’une piste bien orientée sous les vents dominants. L’approche est facilitée si elle est effectuée dans l’axe de la piste, ce qui n’est pas le cas à Nantes-Atlantique avec un déphasage de 13°.

Lorsque les conditions climatiques sont dégradées, le pilote de l’avion n’étant pas infaillible, il a parfois besoin d’être pris en charge par un automatisme. Le déroutement d’avions est une situation d’échec pour le pilote, et une prise de risque pour les voyageurs car le plus souvent il est tenté de réitérer une seconde approche.

De plus, Nantes atlantique est le seul aéroport du Grand Ouest qui assure une veille 24/24 h. Il est donc susceptible de recevoir un appareil en détresse. Dans la marine ce n’est pas un exploit que d’apponter sur un porte-avions dans des conditions bien plus difficiles, mais nous ne sommes pas dans cette situation et le pilote a la responsabilités de nombreux passagers!

L’atterrissage « sans visibilité » nécessite cependant de disposer d’un ILS (instrument landing  sécurité de niveau 3). C’est le moyen technique le plus adapté pour le guidage de l’avion et ce jusqu’à son arrêt en bout de piste. Il n’est pas envisageable de réaliser cet équipement à Nantes1

Pour réussir un atterrissage « à vue », sans I.L.S, la sécurité repose sur le professionnalisme du pilote, même s’il dispose à bord d’indicateurs.

Résoudre le problème avec un équipement d’un niveau inférieur (ILS niveau 1) avec un décalage réduit à 5°, en survolant le centre l’agglomération Nantaise, à basse altitude, n’est pas acceptable pour les populations. C’est aussi refuser de progresser sur une exigence de sécurité que l’on doit aux voyageurs. L’augmentation du trafic nécessite ce transfert qui nous engage pour les 50 prochaines années !

1 La piste Nord est classée au niveau 1 . Pour installer un ILS il y a obligation d’atterrir sur un alignement qui est contraint par la Tour Bretagne en obstacle. Le profil en long de la piste ne permet pas d’implanter un émetteur de niveau 3 qui devrait être placé impérativement côté St Aignan

. La piste Sud, qui possède cet équipement, est donc classée au niveau 3

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