Nantes-Atlantique au cœur des municipales

Le réaménagement de Nantes-Atlantique, décidé par l’Etat en octobre dernier, étant quasiment absent de la campagne électorale, le 29 février dernier, 4 associations (COLTRAN – ACSAN – APO et COCETA) ont décidé d’envoyer un questionnaire aux candidats et candidates aux municipales de Nantes et de 7 communes du Sud-Loire (Rezé, Bouguenais, Bouaye, Saint-Aignan de Grand Lieu, Les Sorinières, La Chevrolière, Pont-Saint-Martin).

Ce sujet étant majeur pour les habitants survolés et de toute l’agglomération nantaise, les associations se félicitent du nombre de réponses reçues permettant ainsi de mettre en lumière les positions des candidats et ainsi éclairer les citoyens devant voter en connaissance de cause dimanche.

Si un consensus semble se dégager pour tous les candidats et candidates concernant la protection des habitants et le suivi de l’impact sur l’environnement et la santé, des nuances apparaissent plus nettement sur les modalités de financement et tout particulièrement de l’accessibilité à la plateforme* et des divergences fortes se dégagent sur le transfert ou non de cet aéroport à moyen terme**.
* Financement de l’accessibilité à l’aéroport :
Le concessionnaire : S Pavageau
l’Etat intégralement : G. Lorthiois, D Burnaud
Etat et collectivités : A. Bellorgey, S. Impériale, J. Rolland, JC Lemasson,
Collectivités : L. Garnier
** Transfert de l’aéroport à moyen terme sur un autre site :

Pour : S Pavageau, G. Lorthiois, S. Impériale, L. Garnier, E. Buquen, D. Marot, JC Lemasson, D. Burnaud.
Contre : A. Bellorgey, J. Castex, M. Medkour
N’aborde pas le sujet : J. Rolland

Les 4 associations remercient les candidats qui se sont pliés à cet exercice et attendent avec impatience les résultats pour pouvoir travailler aux côtés des futurs Maires de l’agglomération nantaise !

Liens : 
– Le questionnaire :  bit.ly/2vQcKDn
– Les réponses reçues :   https://bit.ly/2Wc9kFM
– Le tableau de synthèse des réponses :  https://bit.ly/2W9Kne5
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Synthèse_Questionnaire

bulletin_adhesion2020-1

aéroport NA : questionnaire aux candidats-tes aux élections municipales

Chers adhérents et sympathisants,

Comme l’ont toujours affirmé les élus de nos collectivités territoriales, l’aéroport a une place importante dans l’économie et l’aménagement de notre territoire, mais joue encore plus fortement un rôle prépondérant sur l’environnement, sur la vie et la santé des habitants de ces collectivités.

Nous constatons néanmoins que ce sujet n’est pas clairement abordé par la majeure partie des candidats-tes aux élections municipales.

Face à une situation où le trafic explose et dans laquelle les risques et nuisances subies par les habitants vont encore s’accroître et devenir insupportables, quatre associations ont décidé d’interroger ces candidats-tes afin que les électeurs puissent connaître leur engagement dans ce domaine, les initiatives et soutiens qu’ils souhaitent prendre pour la protection de la population, pour le contrôle de l’impact sanitaire, pour le financement de l’accessibilité à la plateforme mais aussi et surtout pour l’avenir de l’aéroport.

Municipales2020-Nantes

Municipales 2020. Nantes: les associations anti-aéroport écrivent aux candidats et aux candidates

L’abandon de NDDL, un scandale financier

L’Etat décide, le contribuable du territoire paye

L’ACSAN l’a toujours annoncé. L’abandon de NDDL coûtera plus du milliard d’euros. Soit plus de deux fois la valeur de NDDL, ou 10 fois l’avance remboursable accordée initialement par les collectivités publiques au concessionnaire. Tout cela pour un aéroport à une piste moins performant et qui accentue les risques et nuisances subis par la population survolée.

Le montant des travaux (plateforme et accessibilité)°, l’indemnisation d’AGO*, les mesures de protection de la population, le déplacement de bâtiments publics (collège et écoles)… contribueront à dépasser très largement ce chiffre.

C’est un véritable scandale financier décidé unilatéralement par le Gouvernement, sur la base d’un rapport totalement fallacieux, voire frauduleux, en irrespect des engagements pris vis-à-vis des collectivités locales, des partenaires privés, des décisions de justice, et contre la volonté exprimée des électeurs du territoire qui seront néanmoins les premiers financeurs de cette gabegie astronomique.

° 470M pour la plateforme (source DGAC), 150M (déplacements de bâtiments publics, expropriations… estimation collectivités territoriales) 30M remboursement des collectivités du syndicat mixte aéroportuaire, coût important pour l’accessibilité à la plateforme, Fonds de Compensation Nantes-Atlantique pour financer les mesures de compensation pour les habitants et riverains (les collectivités territoriales sont fortement sollicitées pour abonder ce fonds).

* Source La Tribune : le milliard de la discorde entre Vinci et l’Etat. Au travers d’un article du 25 janvier 2020, La Tribune revient sur cette information de la toute fin de l’année 2019 :  TAV Airports (dont 46,12% détenus par ADP) a obtenu de la part de l’État Turc, une indemnité de 389 M€, pour la perte d’exploitation que la société va subir à la suite de la mise en service du nouvel aéroport d’Istanbul et donc à la fermeture prématurée de celui dont elle avait la concession (Istanbul Ataturc Airport) qui devait s’achever en janvier 2021. Cette indemnité correspond à 1/10 de la durée du contrat dont la société était titulaire. Si l’aéroport Turc a un trafic 9 fois plus important que Nantes en termes de passagers et 7 fois plus important en termes de mouvements d’avions, la période annihilée par la décision du gouvernement français concernant la résiliation du contrat signé en 2010 par AGO (Vinci) à compter de fin 2021, représente par contre 80% de la durée totale dudit contrat de concession. En conséquences, le montant avancé de 1Md€ pour compensation du manque à gagner pour AGO n’apparaît pas des plus farfelus.

l’ACSAN soutient deux opérations du COCETA

Le COCETA organise deux opérations pour exiger que l’Etat mette en oeuvre effectivement le principe de précaution pour la protection des populations survolées, que seuls les travaux de mise en conformité pour la sécurité des usagers soient réalisés pour une durée d’exploitation à court terme que la fermeture de l’aéroport de Nantes-Atlantique soit programmée dans une perspective de transfert de l’aéroport que l’Etat respecte la volonté exprimée par les élus, les acteurs économiques d’un aéroport du Grand Ouest sur leur territoire dans une zone non urbanisée  et qu’il respecte en premier lieu la Démocratie, notamment le vote des citoyens favorables au transfert de cet aéroport.


L’ACSAN soutient cette initiative et vous convie à  rejoindre ces opérations


le jeudi 17 janvier à midi Mise en place d’une stèle sur le rond-point de « l’aéroport de la Honte » pour commémorer le funeste anniversaire de l’arrêt du transfert de l’aéroport de Nantes-Atlantique par ce gouvernement.


le dimanche 19 janvier à 15h Regroupement à l’aéroport pour un défi !Celui de battre le record du nombre de galettes des rois.Chaque participant, famille, devra apporter une galette (ou plusieurs) et les disposer de façon à ce qu’elles constituent une galette unique.Exprimons notre révolte, car nous ne voulons pas être à la solde de petits rois énarques-technocrates qui bafouent notre démocratie.

L’allongement de la piste est une mauvaise réponse de l’État

L’allongement de 400 mètres de la piste actuelle vers le sud est une mauvaise réponse de l’État aux enjeux liés à la croissance du trafic et à la protection des populations.

Les 7M de passagers seront dépassés cette année et nous atteindrons très probablement les 9M en 2024. La seule donnée qui pourrait contredire ce dernier chiffre serait la fermeture de l’aéroport pour plusieurs mois lors de la réfection de la piste.

 Les réponses à l’appel à candidatures pour la concession devront être transmises pour le 7 janvier 2020. Vous trouverez ci-dessous quelques extraits et commentaires de ce document.

« Outre les missions d’exploitation, de développement, d’entretien, de renouvellement et de maintenance des aérodromes de NA et SN, le concessionnaire assurera la conception, le financement et la réalisation des travaux nécessaires au réaménagement de NA. Ces travaux, qui seront précisés dans les documents de la consultation qui seront remis aux candidats admis à remettre une offre, consisteront principalement en la réfection et l’allongement de la piste existante de 400 mètres ainsi qu’à la modernisation et au développement de l’aérogare pour l’adapter à l’évolution du trafic aérien. Le coût du réaménagement initial est estimé à 450 000 000 euros hors TVA » . 
Faut-il rappeler que le coût de NDDL était de 480M pour un aéroport moderne, HQE, beaucoup plus performant, avec deux pistes, aéroport qui permettait de supprimer définitivement les nuisances sur l’agglomération nantaise.
« des hypothèses de durée de la concession comprises entre 30 ans et 40 ans. »La concession de NDDL était de 55 ans. Compte-tenu des investissements nécessaires, la durée de la concession sera au minimum de 40 ans et probablement supérieure pour que le concessionnaire puisse prévoir un plan d’affaire viable.

Lors de la dernière Commission Consultative de l’Environnement, lundi 16 décembre, l’ACSAN a demandé à avoir connaissance du cahier des charges qui fixera le cadre dans lequel seront élaborés les projets des candidats. Contrairement au principe retenu pour toute pièce publique, ce document ne sera pas porté à la connaissance des demandeurs.
L’ACSAN a l’intention de transmettre une lettre ouverte à l’ensemble des candidats-tes aux municipales, dans les collectivités particulièrement concernées, afin de connaître et faire connaître leurs engagements relatifs aux mesures liées à l’aménagement de l’aéroport et à son devenir.

soutien à la manifestation du COCETA dimanche 10 novembre

Bien évidemment la décision était prise en amont de la concertation qui a servi essentiellement à identifier des mesures pour tenter de calmer les riverains particulièrement impactés. Nous le rappelons : la seule solution pour concilier développement de l’aéroport et protection de la population est le transfert. Solution très rapidement balayée à partir d’éléments ne figurant pas dans les cahiers d’acteur des associations favorables au transfert.
L’ACSAN soutient le grand rassemblement organisé par le COCETA, dimanche 10 novembre à 15h devant l’aérogare de Nantes-Atlantique.

l’État confirme la condamnation des riverains de l’aéroport Nantes-Atlantique

Après une parodie de médiation qui a orchestré le pitoyable abandon du transfert à NDDL, après une concertation pendant laquelle a été largement, massivement et inexorablement exprimée l’exigence du transfert, le gouvernement vient de prendre une décision qui condamne les habitants de notre agglomération à subir, pour de très longues années, les risques et les nuisances liés au survol à basse altitude des zones urbaines à forte densité.
Une décision savamment préparée et qui nécessitait, avec cette concertation, d’être confortée par la recherche de nouvelles justifications. C’est une manipulation un peu grossière mais qui permet de leurrer le grand public bien loin de toute cette réalité.
La question était de savoir comment concilier le développement de l’aéroport et du territoire avec la protection de la population. Face à la seule réponse existante, le TRANSFERT, elle est devenue : comment condamner en même temps le développement de l’aéroport et la population survolée.
En effet, la simple réfection de la piste et son allongement de 400m ne peut répondre à la formidable croissance du trafic de l’aéroport, la plus forte des aéroports français, sans commune mesure avec les prévisions totalement dépassées de la DGAC. Cette décision du gouvernement a été prise malgré un flou sidérant sur bien des points. D’une part, pas d’indications précises sur le coût, sur la durée de la fermeture de l’aéroport, sur la durée de la concession, sur les compensations environnementales, sur l’impact environnemental et sanitaire, sur la participation de l’Etat à l’amélioration des dessertes. D’autre part des préconisations qui en restent au stade d’intentions puisqu’elles nécessitent de passer par la voie légale pour devenir effectives. C’est le cas notamment du droit de délaissement exceptionnel, de l’aide à la revente des logements mais également de l’alternative d’approches par le nord qui dépend de l’autorisation de l’aviation civile internationale. 
C’est l’aboutissement d’une catastrophique décision prise en janvier 2018 sous la pression de la violence. Cette lamentable affaire fait désormais référence pour tous les grands projets à venir et a déjà suscité et encouragé de nombreuses autres actions empreintes, elles aussi, de violences et de destructions.

Mobilisation dimanche 29 septembre

Chers adhérents et sympathisants,


Dans le rapport des garantes de la concertation, celles-ci émettent notamment deux recommandations :

recommandation n°3 : demande de réétudier le transfert »Les garantes souhaitent que les propositions argumentées de solutions alternatives soient étudiées par le maître d’ouvrage et que les réponses soient apportées sur leur faisabilité »

recommandation n°4 : demande de mesures des impacts sanitaires. »Les garantes demandent que les engagements pris lors de l’atelier « enjeux sanitaires » du 8 juillet sur les mesures de bruit et de pollution soient mis en oeuvre, et les résultats communiqués aux parties prenantes »


L’évolution considérable du trafic, bien au-delà de toutes les projections faites par la DGAC, rend de moins en moins crédible un réaménagement de Nantes-Atlantique pour en faire l’aéroport du Grand Ouest en sacrifiant une population toujours plus nombreuse.
Fin octobre, l’Etat annoncera sa décision.
Nous devons nous mobiliser pour peser sur cette décision.
C’est pourquoi l’ACSAN soutient et s’associe au grand rassemblement organisé le COCETA le dimanche 29 septembre

12h RDV pour un pique-nique champêtre, avenue de Frémiou Saint-Aignan de Grand Lieu

14h marche vers l’aéroport 

15h  rassemblement devant l’aérogare 


Au plaisir de vous retrouver dimanche prochain.

Atelier sur les enjeux sanitaires 8 juillet

Lors de la première réunion publique, les associations ont demandé une étude sur les enjeux sanitaires liés à la proximité de l’aéroport.
Les garantes ont demandé au maître d’ouvrage d’organiser un atelier sur les enjeux sanitaires. La DGAC organisera celui-ci le 8 juillet, de 18h30 à 21h, à la Préfecture, place Roger Salengro (accès par le poste de police).
Pour vous inscrire, cliquer sur le lien ci-dessous.
https://www.reamenagement-nantes-atlantique.fr/participer/atelier-thematique-enjeux-sanitaires

Ambiance explosive lors de la réunion publique le 4 juin

450 personnes présentes, 450 habitants en colère, une colère qui s’est exprimée tout au long de cette longue réunion.

Promesse non tenue, vote bafoué, abandon face à la violence, les termes scandés par les participants ont exprimé une révolte bien compréhensible et justifiée face au représentant de l’Etat.

Les interventions du préfet et de la DGAC ont été particulièrement sifflées.

Les interventions des « Témoins » pro-Transfert ont été chaleureusement applaudies: ACSAN (Dominique Boschet), APO (Guillaume Dalmart), COCETA (Joël Sauvaget).

Et tout particulièrement celle de Joël Sauvaget, dernier intervenant qui a été suivie d’une « standing ovation ».

Dans cette ambiance survoltée et quasi insurrectionnelle, le même objectif a été scandé avec force et détermination toute la soirée : TRANSFERT.

Bruno Hug de Larause (PDG Idea et Club des Trente) a exprimé son scepticisme pour trouver un concessionnaire qui investirait 1milliard d’euros si le trafic  est inférieur à 15M de passagers.

Un représentant de l’Agence Régionale de Santé  est venu parler des exigences de l’Organisation Mondiale de la Santé : impact sanitaire sur la population survolée, impact du bruit. Une étude sera engagée avec l’ARS sur cette dimension a promis le préfet, dans un délai rapide ont exigé les participants en l’intégrant dans les scénarios avant prise de décision.

Je voudrais signaler la sortie du livre: « Autopsie d’un déni démocratique » (Marc Bouchery/Frédéric Beniada) qui analyse les méandres qui ont conduit à l’abandon du transfert de l’aéroport et notamment le rôle de la médiation.

Je joins l’excellente préface de Pascal Perri. 

Première réunion réussie grâce à la mobilisation de tous. Il faut continuer pour que le transfert devienne réalité.

Autopsie d’un déni démocratique

Marc Bouchery/Frédéric Beniada

Préface de Pascal Perri

La décision de renoncer à la construction d’un grand aéroport de l’Ouest à Notre-Dame-des-Landes était la pire de toutes celles qui pouvaient être prises. L’Histoire politique s’en souviendra comme d’une décision contraire à l’intérêt général en matière d’aménagement du territoire, contraire à la volonté des citoyens, contraire au droit. Un renoncement qui s’est transformé en poison politique. La décision du Président Macron a mécontenté les partisans du nouvel aéroport sans calmer la violence des zadistes. Quand on gouverne, il faut accepter de faire le compte de ses décisions. Et dans le cas de Notre-Dame-des-Landes, le solde est négatif. L’enquête de Frédéric Béniada et de Marc Bouchery, tous deux parfaitement qualifiés, observateur et acteur du feuilleton aéroportuaire exhume des documents essentiels. Ces pièces, contributions à la manifestation de la vérité, démontrent que la décision finale était fondée sur une expertise tronquée. On peine d’ailleurs à retenir le terme d’expertise tant le rapport des « médiateurs » était orienté, adossé à des hypothèses contestables et d’ailleurs contestées par les experts des administrations concernées. La mission du dialogue était avant tout une mission du renoncement pilotée par un militant écologiste, proche de Nicolas Hulot. Tout devait être fait pour ne pas contrarier la susceptibilité de « l’icône » verte du gouvernement Philippe. En sacrifiant l’aménagement du Grand Ouest, Emmanuel Macron n’a fait que retarder le départ de sa prise de guerre. Finalement, la capitulation de l’Etat à Notre-Dame-des-Landes n’a pas suffi à retenir M. Hulot. Mauvais casting, mauvais choix, mauvaise solution !

Alors que l’Etat venait de battre en retraite, un mercredi de janvier 2018, Edouard Philippe s’était autorisé à dire que son gouvernement avait enfin décidé dans ce dossier vieux de 50 ans. C’est pourtant le contraire qui s’est produit. L’Etat s’est incliné, il n’a pas décidé. Pourquoi ? Parce que la République n’a pas les moyens d’assurer l’ordre public dans la ZAD, ce territoire où ni les gendarmes, ni les juges n’avaient plus accès. Sorti du gouvernement quelques mois plus tard, Gérard Collomb l’a confirmé. La violence a vaincu la légalité. Et elle l’a vaincue durablement. Comment ne pas faire le lien entre les affrontements aux abords de la ZAD et les samedis d’émeutes et de casse dans les grandes villes françaises lors du mouvement des Gilets jaunes ? En offrant les clés de la ZAD aux zadistes, Emmanuel Macron pensait obtenir la paix. Funeste erreur. Les zadistes tenaient leur première victoire et celle-ci en appelait d’autres ! Quand on offre un premier trophée à l’adversaire, loin de l’apaiser, on ouvre son appétit. Le renoncement de l’Etat a légitimé les méthodes des zadistes et le défi violent à l’ordre public. Pour reprendre la formule de Weber, l’Etat a renoncé à son monopole de la violence légitime. Il a accepté de s’abaisser. Dans une société d’information, les images de gardes mobiles et de gendarmes se protégeant des agressions des zadistes ont altéré l’image de la force républicaine légitime. Beaucoup de Français se sont dit : puisque l’Etat est impuissant face à quelques dizaines de délinquants, pourquoi le respecter ? La question que pose l’issue du feuilleton Notre-Dame-des-Landes est la suivante : Peut-on faire confiance à l’Etat ? Cette question est d’autant plus légitime que les électeurs s’étaient prononcés massivement en faveur du transfert de Nantes-Atlantique à Notre-Dame-des-Landes en juin 2016. Le projet avait été validé par la justice à maintes reprises en dépit des recours abusifs des zadistes et de leurs faux nez et il avait donc de surcroit reçu une approbation massive des électeurs. Légalité et légitimité. Les Français ont été trahis deux fois. Les adversaires du transfert ont expliqué sur tous les tons que la consultation n’avait pas été mise en œuvre au bon périmètre. C’est habituel, les adversaires de la démocratie trouvent toujours la démocratie médiocre quand elle leur donne tort ! Toutes les conditions étaient réunies pour que le transfert de l’aéroport de Nantes se réalise. Toutes, sauf le courage des dirigeants du pays. Soyons magnanimes, Emmanuel Macron n’a pas été le premier à trahir. Avant lui, François Hollande enfermé dans une alliance de circonstance avec le parti écologiste Europe Ecologie les Verts avait lui aussi mis un genou à terre. L’affaire de l’aéroport du Grand Ouest illustre parfaitement une des tares de notre temps : la victoire (qu’on espère temporaire) de l’idéologie sur la raison et celle plus sérieuse encore de minorités violentes sur l’intérêt général. En dépit des lâchetés et des renoncements, le problème central du transfert de Nantes Atlantique vers une autre localisation se posera à nouveau à bref délai. D’ores et déjà, la croissance du trafic à Nantes dépasse, et de loin, les projections de la médiation « Hulot ». Le total des populations exposées au bruit s’accroit. Nantes, capitale d’un espace dynamique, a besoin d’un lien avec les grandes régions économiques de l’Europe. L’avion est le seul moyen de transport pertinent pour relier le Grand Ouest français à la Lombardie, à la Ruhr aux Midlands industrielles ou aux grandes villes universitaires européennes. Aucun des arguments qui plaidait en faveur du transfert n’a perdu de sens. Ni pour les personnes, ni pour les entreprises. Qu’on le veuille ou non, un jour prochain, il faudra transférer Nantes-Atlantique vers un autre site.